Vers un climat artificiel ?

Vers la géo-ingénierie : analyse du rapport du GIEC 2018

« Le rapport spécial du GIEC est paru le 8 octobre. Il alerte sur les conséquences d’une augmentation des températures globales de 1,5°C à 2°C au-dessus des niveaux préindustriels. Il insiste sur l’urgence à agir, dresse la liste des actions à mener et décrit les procédés de géo-ingénierie visant à contenir cette augmentation. On y est : comment lutter contre les effets de la pollution industrielle avec une industrie manipulant le climat encore plus polluante mais compatible avec le modèle économique en place et les profits qu’il génère. »

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Le GIEC et ses 195 pays participants présentent au monde un rapport inquiétant et alarmiste. Ainsi depuis les accords de Paris en 2015, il faut
« renforcer la riposte mondiale à la menace des changements climatiques »

Des problèmes existants avec la montée des températures tout autour du globe et nous voilà pourvu d’un rapport indigeste tant par sa longueur, sa complexité et par son langage amphigourique, proposant des solutions de riposte souvent plus polluantes et dangereuses que les causes qu’elles combattent.

Afin d’entériner des accords pour contrôler une baisse des températures de -1,5° C, le rapport commence par un résumé remerciant franchement les « décideurs » du monde, ces « volontaires » altruistes, sauveurs potentiels de notre climat déréglé, gendarmes du réchauffement global de la planète : des volontaires ? oui du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et du CEA (Commissariat à l’Énergie atomique) qui a pour mission principale de développer les applications de l’énergie nucléaire dans les domaines scientifiques, industriels et de la défense nationale.

Nous voilà fin prêts, surtout nous la France, dont la contribution plus qu’active fait vibrer le marteau lourd de l’assentiment généralisé, à faire évoluer l’industrialisation du climat.

Et ce n’est pas un mais trois groupes de travail qui auront étés nécessaires pour ouvrir les consciences et surtout pour proposer des solutions économiques et financières pour nous sauver du marasme mondial…

Trois groupes de travail donc, allant « des éléments scientifiques du changement climatique » puis « les incidences, à l’adaptation et à la vulnérabilité » puis à « l’atténuation du changement climatique ».

Tiré du rapport :

Laisser le réchauffement dépasser temporairement l’objectif de 1,5°C impliquerait une plus grande dépendance vis à vis des techniques d’élimination du CO2 atmosphérique si l’on souhaite ensuite revenir en dessous des 1,5°C en 2100. L’efficacité de ces techniques reste à prouver à grande échelle, certaines étant même susceptibles de représenter un risque considérable pour le développement durable.

Le fonctionnement efficace de l’unité de support technique du groupe de travail a été rendu possible grâce au généreux soutien financier fourni par le gouvernement français et au soutien administratif et informatique de l’Université Paris Saclay (France), de l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL) et du Laboratoire Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE).

Ce rapport présente aux décideurs et aux professionnels les informations dont ils ont besoin pour prendre des décisions relatives aux changements climatiques.

Nous y voilà ! « Des décideurs » bien renseignés et des professionnels parés à « consummériser » les changements climatiques. Vous êtes avertis, le nouveau rapport du GIEC en vue de la COP 24, pointe cette fois sur ce demi-degré qui sépare d’un réchauffement de 1,5 degré un réchauffement de 2°degrés… On nous annonce aller droit dans le mur mais la solution est trouvée une nouvelle marge de manœuvre…l’industrialisation de la lutte contre le réchauffement via par exemple la géo-ingénierie.

Qu’est-ce donc ? Il faut faire du climat et de ses dérèglements une économie fiable, fiscalement plausible, immédiatement réalisable dont les effets attendus proposeraient de l’emploi, limiteraient les migrations climatiques et rendraient responsables nous autres peuples du monde irresponsables pollueurs !

Comment ce miracle technologique s’articulerait-il ? Par le biais des « techniques d’élimination du CO² atmosphérique » par des « transitions rapides et de grande envergure » et surtout par « plus de dépendance vis-à-vis des techniques d’élimination du CO² atmosphérique »

C’est un tout nouveau point de vue que nous propose le rapport du GIEC pour « décarboner » l’atmosphère. En effet il marque une profonde rupture en comparaison des précédents. Pour la première fois, l’organisation scientifique donne des solutions économiques : « Nous affirmons que nous avons en main tous les moyens techniques et économiques pour atteindre cet objectif », assure Valérie Masson-Delmotte.

Certains d’entre eux sont bien connus : énergies renouvelables, efficacité et économies énergétiques, substitution de l’usage des énergies fossiles dans l’industrie, les transports, l’habitat, économie du recyclage et du réemploi.

Ce qu’impliquait la COP21 sur le fondement présumé du rapport officiel recollant les travaux de 3500 scientifiques, et qu’affirment désormais 91 scientifiques choisis par le bureau du GIEC en vue de la COP24 dans le cadre d’un rapport de commande, c’est qu’il convient d’accélérer la mise en œuvre de ces technologies tout en promouvant les changements de mode de vie qui les accompagnent. « Sortir des énergies carbonées va modifier nos façons de se déplacer, de se loger, de se nourrir, reconnaît Valérie Masson-Delmotte. Mais ces changements peuvent aller de pair avec le bien-être pour tous les hommes. »

Et c’est ainsi, fort de ses certitudes que ce nouveau type de document, intitulé malgré tout rapport du Giec, nous explique au chapitre 4.4 « Implementing Far – Reaching and rapid change » (mise en place de changements rapides et à long terme)les réflexions à mener pour une gouvernance mondiale des actions à mener. Certaines études portent ainsi sur le rôle des grandes multinationales.

Auparavant au chapitre 4.3.8 le rapport explique un type d’action envisagé. Le miracle porte le nom de SRM – Solar Radiation Modification dont la principale composante est SAI – Stratospheric aerosol injection .

J’entends d’aucuns dire, mais ce sont les méthodes de « géo-ingénierie » non vous répondra le rapport, dès le début du chapitre : « this report reftrains from using the term “geoengineering” » (*ce rapport s’abstient d’utiliser le terme de « géo-ingénierie » Et pour cause, comment dissocier la SRM de la science de la modification du climat qu’est la géo-ingénierie ? On ne peut pas...).

Le rapport du GIEC nous le confirme, tout est prêt pour une économie dite verte qui pourtant inscrit des méthodes d’épandages d’aérosols dans la stratosphère définies comme essentielles au sauvetage de notre planète bleue…

Extrait : SAI – Stratospheric aerosol injection « Description of SRM method ; injection of a gas in the stratosphere, which then converts to aerosols. Injection of other particles also considered » (injection d’aérosols dans la stratosphère – description de la méthode : injecter un gaz dans la stratosphère par aérosols. L’injection d’autres particules est aussi considérée).

Un peu plus loin dans le chapitre 4.3.8.2 concernant l’étude de faisabilité économique on trouve :

Pour le SAI, il est largement admis que les avions, après quelques modifications, pourraient injecter des millions de tonnes de SO2 dans la basse stratosphère.

Voilà qui fait froid dans le dos, « le monde inquiet » nous propose d’épandre des produits chimiques dans la stratosphère ? Nul besoin d’être conspirationniste pour comprendre que la nouvelle arme du climat est une économie sous-jacente, avec des retombées économiques importantes. Rappelez-vous, le rapport nous indique, dès les premiers chapitres, qu’à présent il faut faire de la pollution un outil pour un développement économique de grande envergure et permettre de faire du climat un acteur économique sûr…

Ils ont même étudier l’acceptabilité sociale et éthique au sein du chapitre 4.3.8.3 et préviennent les décideurs que le grand public est ignorant, inquiet et fermer à des actions de SRM mais qu’« une différence subtile dans la formulation des informations sur les SRM peut influencer les jugements ultérieurs de favorabilité ».

Etant entendu que les méthodes dites de SRM ont « un possible impact sur les variables du climat » et des impacts spécifiques sur l’humain et l’écosystème.

Sont-ce des solutions qui permettraient de continuer à polluer « encore un peu »... et ce sans nous fournir les chiffres sur l’extrême pollution d’un nouveau type que vont engendrer ces méthodes de géo-ingénieries.

Des avions pour pulvériser des aérosols dans l’atmosphère afin de créer un ensemencement de l’air et des nuages et filtrer le rayonnement solaire.
Mais quel est le véritable contenu de ces aérosols et de ces pulvérisations ? Et quel organisme officiel et international sera apte à contrôler la réalité de leurs contenus ?

Création de nuages artificiels pour nous protéger du soleil, particules fines en suspension dans l’air : quid de notre santé et de celle de toute la biosphère ?

Aucune inquiétude, vous répondront le GIEC et ses alliés, le prochain rapport qui verra le jour « Rapport spécial sur l’océan et la Cryo sphère dans le contexte du changement climatique » vous annoncera comment sauver les océans par les mêmes méthodes en les fertilisant par « alcalinisation » pour absorber encore et toujours plus de CO². Sachant qu’un cargo en émet autant que cinquante millions de nos voitures ! (La voix du Nord)

Le GIEC semble être devenu un entrepreneur aux dents longues et aux enjeux financiers dangereux nous proposant un business plan efficace, contrôlé mais effrayant quant aux résultats escomptés.

Ne serait-il pas temps de réfléchir en amont plutôt que de foncer tête baissée sous l’effet de la peur dans des manipulations qui ne sont pas dans l’intérêt sociétal commun.

Le fil d’actu

Le documentaire

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